R E Ï.

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Pourquoi ce livre ?


Saharaouis s'adresse à ceux qui ne savent pas, à ceux qui savent mais aussi à ceux qui ne veulent pas savoir.

J'ai découvert l'existence de la RASD et du peuple saharaouis quelques mois avant de me rendre dans les camps de réfugiés en janvier 2007 et j'ai compris par la suite à  quel point cette lacune était ordinaire en France. L'information concernant la problématique du Sahara Occidental n'existe presque pas.

Cette rencontre est le fruit d'un hasard. J'étais en lien depuis déjà quelques années avec l'ADER (association suisse pour le développement des énergies renouvelables). Un ami, membre de cette association, partait faire son service civil dans les camps de réfugiés situés en Algérie, afin d'y mener un programme d'installations solaires pour les dispensaires des Daira (les quartiers des camps). A force d'insistance, et grâce à Moulay El Bachir de l'association suisse au soutien du peuple saharaouis, je me suis greffée à ce projet.

Ce n'est pas mon premier voyage sur le continent Africain dans le cadre d'un projet et j'ai toujours griffonné mes impressions, dessiné, croqué des moments de vie. Cette fois-ci l'envie de transmettre ce vécu, si subjectif et éphémère soit-il, a vaincu mes craintes de publier quoi que ce soit. Ne connaissant pas suffisamment toute l'histoire et le récit n'étant pas mon fort je ne livrerai ici que de la poésie, si présente en pays saharaouis. Ces textes et ces dessins que m'ont inspirés la vacuité des dunes et la richesse de son peuple ne sont que mon grain de sable dans ce désert et c'est la moindre des choses que je puisse faire.





 



 














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Préface de Jean Lamore


A « Ceux qui ne savent pas, à ceux qui savent, mais aussi à ceux qui ne veulent pas savoir », Isabel Choppin offre une découverte et une nouvelle manière de voir.


Car même ceux « qui savent » n'ont peut-être pas encore perçu la question du Sahara Occidental comme elle nous la présente ici : une poésie corrosive qui érode de son souffle rythmé les strates de cette véritable sédimentation des injustices amoncelées, les mensonges accumulés qui recouvrent la vérité.

Le cas du Sahara Occidental qui comprend la République Arabe Sahraoui Démocratique (la RASD), la nation formée par le peuple sahraoui ainsi que le front polisario qui est le bras armé de cette nation, est un scénario fascinant où l'histoire contemporaine est en train de se faire.

Pouvoir participer à la création de cette nation est un privilège et à sa manière l'auteur y apporte une touche incisive.

La petite carte qui accompagne cette introduction est une carte interdite, une carte clandestine. Pourtant elle est plus juste, plus précise que les cartes issues de la cartographie « officielle ».

Car elle dépeint la réalité : le grand mur oppressif et une terre divisée, alors que la majorité des cartes qui concernent cette zone démontrent une fiction, l'irréel, la folie d'une monarchie expansionniste soutenue par la France et quelques autres pays occidentaux, où l'on voit le Maroc cannibaliser le Sahara Occidental.

Paradoxe de l'ère de la libre communication où nous croyions tout savoir, pensant que rien ne serait masqué ou falsifié : nous acceptons ces cartes officielles où tout est faux sans même le savoir, sans jamais nous poser des questions.

Mais le Sahara Occidental c'est d'abortd une histoire africaine. Car c'est un territoire situé sur le continent africain et une majorité des nations africaines ont reconnu le RASD.

Cette nation que nous refusons de reconnaître est elle-même cofondatrice de l'Union africaine.

Je leur donne souverainement raison à ces nations africaines qui reconnaissent la légitimité de la RASD car elles sont elles-mêmes issues de lutte pour leurs indépendances respectives, aussi âpres que récentes, et leur regard sur de telles questions est bien plus lucide que le nôtre.

Quant à nous Occidentaux, l'Amérique a oublié ce que c'est de lutter pour son indépendance, et en france l'esprit révolutionnaire s'est estompé depuis bien longtemps. Néanmoins, nous souhaitons toujours décider de comment la carte africaine doit se découper comme cela se faisait encore au 19ème siècle.


Cependant, il ne faudrait pas croire que cette histoire « perdue » n'aurait aucune incidence sur nos vies, ni penser que ce qui se passe au Sahara Occidental serait à l'écart des grands courants de la géopolitique actuelle. Il ne faudrait pas se dire qu'elle serait complètement isolée et sans grand intérêt comme voudrait nous le faire croire la monarchie marocaine ou encore le gouvernement français qui œuvre pour le compte du Maroc, au sein du Conseil de sécurité de l'ONU pour que cette dernière colonie du continent africain puisse rester colonisée. Non, il ne faudrait surtout pas croire que la question du Sahara Occidental serait un problème cloisonné ; car c'est en prenant exemple sur l'impunité avec laquelle le Maroc avait envahi, annexé et illégalement occupé le Sahara Occidental qu'un certain Sadam Hussein s'est fourvoyé au Koweit.

Laisser perdurer le mauvais exemple de cette invasion est une grave erreur. C'est encourager d''autres pouvoirs, opportunistes et prompts à agir dans l'illégalité, à envahir et occuper ce qu'ils convoitent.

Quelque part, et superbement, le mélange de poésie et de prose d'Isabel Choppin rejoint la poésie de la grande poétesse saharaouie, Na'ana Labbat El-Rachid. Ni l'une ni l'autre n'écrit pour divertir. Et même si la rencontre ne se fait pour le moment, que dans l'esprit de celle ou de celui qui aurait eu la chance de les lire toutes deux, ce sont deux courants qui se rejoignent pour soulever l'écume plus haut, lieu innavigable pour ceux qui seraient réfractaires à la vérité.


Les dessins et les aquarelles qui accompagnent ces textes sont à la fois d'une grande pureté et d'une justesse qui traduit parfaitement l'état d'esprit des Saharaouis qui vivent leur exil particulièrement rude dans les grands campements de réfugiés au sud de Tindouf en se fiant au droit international.

Et c'est peut-être là, la meilleure approche, elle qui aurait raison.


Jean Lamore*

Paris/campements d'Aoussert Rasd Décembre 2008


*Jean Lamore, sculpteur et écrivain, participe depuis de nombreuses années à la défense des droits des Saharaouis.










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